Suture

par Hubert Le Boisselier

mon nom suture deux inconnus
géologie du savoir
de soi

être quelqu’un
entre les lèvres 

je bée
né d’un rien
sur la peau
où mon nom se dépose
négation d’un mot

cicatrice tenant lieu
du mot juste
sur le fil du rasoir 

mon nom cautérise
deux bords évasifs
d’une équation 

j’ignore qui parle quand on m’appelle
quand s’ouvre
la possibilité d’un retour 

je ne reconnais que la lésion
un tissu vivant fait peau
sur le pouvoir failli des mots 

minerai consumé
par l’ouvrage 

silence de plomb
soude la faille active

 

[Né en Normandie en 1968, Hubert Le Boisselier vit et enseigne près de Lille depuis 1993. Il est passionné de littérature et de cinéma. Il admire particulièrement les Sonnets de Shakespeare, la poésie d’Aragon, d’Aimé Césaire et de Dylan Thomas, et le cinéma d’Alfred Hitchcock et d’Almodovar.]