Les voix serpentes

par Laure Gauthier
(extrait inédit d’une réécriture du
conte chinois le serpent blanc)

Before

Le poème n’est pas pudique
Rentre par la fente
S’immisce
L’opéra reste au Pas
Grands gestes, yeux Outrés
Serpents Drapés
Chantent Avant et Après l’étreinte
devant la porte
l’incarnation
laissée Hors-Chant
Le livret condamne la porte
Chant Cantoné
Glutamaté

Mais
Le poème n’est pas pudique
L’homophonie pue
Le corps serpente entre les chairs
du conte
Et pense encore

After

Voix 1 (BZ)

Do you love me?

Voix 2

love is too weak a word for what
I lurve you
You know, I loave you
I luff you, wit too F’s

After

Voix A

Fais sauter les revers de LANGUE
À même moi, détournes GRIMM
Et faisons l’épreuve du NUAGE
Objet-sujet ? Entre, jette le DÉ!
De l’entre-champs parvient le KLANG
D’un souffle nous ramène à l’EAU

Transparent d’EAU, dense de LANGUE
N’oublie le KLANG, le chant post GRIMM
Éprouve le DÉ, prouve le NUAGE

 

[Poète, Laure Gauthier écrit une poésie pour voix, incarnée mais sans épanchement: marie weiss rot / marie blanc rouge (Delatour, 2013), La cité dolente (Châtelet-Voltaire, 2015), kaspar de pierre (La lettre volée, 2017), je neige (entre les mots de villon) (LansKine, 2018). Ses textes sont publiés en revues notamment dans Vacarme, Babel heureuse, PLS, Phoenix, Po&sie, Sarrazine, Le sac du semeur, Paysages écrits, Remue.net mais aussi la revue autrichienne manuskripte ou encore la revue italienne L’Atelier.]